La Consommation Responsable – Freins et Opportunités (2) : Quelles pistes dans l’ESS ? Too Good to Go nous répond

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Comment encourager la consommation responsable ?

Suite d’une série sur la Consommation Responsable abordée par le marketing et la sociologie et les sciences du comportement (Partie 1)

On se situe ici dans une approche de la consommation responsable plus commerciale que militante. De quelle manière le pouvoir d’achat du consommateur peut-il être dirigé de manière à soutenir des initiatives commerciales faisant la promotion d’une autre manière de consommer ? Il y a un rôle à jouer pour tous ceux que l’Economie Sociale et Solidaire intéresse. Dans  cette nébuleuse, les acteurs cherchent à la fois à trouver solution à un problème socio-environnemental, tout en réalisant un bénéfice. Le profit est un objectif, mais pas le seul objectif, car le projet a aussi une finalité non-lucrative d’amélioration de la vie en communauté.

Ce discours peut déjà être un premier moyen de contrecarrer le scepticisme du consommateur qui douterait de la motivation éthique du commerçant. L’environnement de consommation est aussi à prendre en compte : manque de temps, habitude, passivité face à la recherche d’information, complexité des données inscrites sur les emballages…  On est loin d’une vision simpliste qui envisagerait les « écolos » d’un côté et les « non-écolos » de l’autre. De la même manière que les consommateurs sont poussés à consommer davantage par des incitations comme les bons de réduction ou les tickets de fidélité, une incitation à la consommation responsable ne reposant pas sur un discours « responsabilisateur » qui pourrait être neutralisé comme on a pu le voir au-dessus. Un article de sociologie de 2017, pour lequel les chercheurs avaient interrogé des consommateurs sur leurs pratiques responsables, suggère que c’est en faisant apparaître aux consommateurs de la manière la plus concrète possible, notamment à l’échelon du territoire, l’intérêt et les résultats de leurs efforts que les intentions se transforment en action effective (Lombardot et Muguel, 2017).

Certains l’ont bien compris, comme Too Good To Go, dont les réponses à nos questions sur leur implication pour une diminution du gaspillage alimentaire serviront de conclusion à cet article. Too Good To Go est une application sur mobile disponible dans six pays européens, sur laquelle des commerçants partenaires proposent des paniers alimentaires d’invendus du jour, à prix réduit. Les utilisateurs peuvent aussi choisir de faire un don pour les sans-abris ; Too Good To Go est aussi engagé dans la distribution de repas à ceux-ci.

Too Good to Go – L’innovation au service des problématiques sociales

Noisyblog : Comment expliquez-vous le changement d’image des restes/invendus au regard des consommateurs, qui permet aux commerçants de vendre leurs invendus à prix cassé sans craindre une détérioration de leur image de marque ?

Too Good To Go : Ce qu’il faut bien comprendre c’est que les invendus sont rien de plus que des produits frais du jour qui n’ont pas trouvé d’acheteur mais qui sont encore très bons et à qui on évite la poubelle. Nous intervenons partout où il peut y avoir du gaspillage alimentaire, puisque la volonté première de Too Good To Go est de réduire sa quantité ! L’engagement contre le gaspillage alimentaire est une véritable vitrine environnementale qui place les commerçants comme des acteurs vertueux et engagés. Bien loin de détériorer leur image, Too Good To Go véhicule une image de marque positive.

Les supermarchés ne représentent pas du tout le même type de commerce, ce sont des surfaces de distribution, pas des artisans. Et au vu de leur quantité et de leur place dans le marché, le gaspillage y est très important. Ce n’est ni la même offre, ni la même approche, mais le besoin existe dans les deux cas.

Les deux ont toutes les deux leur place sur l’application et cohabitent assez simplement.

Noisyblog : Quelle est la situation actuelle de votre engagement auprès des sans-abris ?

Les dons aux sans-abris ne cessent d’augmenter d’un mois à l’autre, dans l’absolu. Au vu de l’augmentation des commandes, la part de dons reste assez stable en moyenne et varie énormément d’une ville à l’autre et même d’un quartier parisien à l’autre. Nous avons pu distribuer 3 500 repas aux sans-abris depuis un an et demi ! Nous travaillons dans différentes villes avec des associations déjà impliquées sur leur territoire, qui font régulièrement des maraudes.

Noisyblog : Selon vous, dans quelle mesure peut-on allier forte profitabilité et impact social en montant un business solidaire ? 

Too Good To Go : C’est tout l’enjeu de l’ESS, créer une économie positive ! Il est essentiel aujourd’hui que les entreprises prennent leur responsabilité et s’engagent à résoudre les problématiques sociales par le biais de l’innovation. Elles doivent prendre conscience qu’il s’agit de leur devoir de participer à “l’amélioration de la société“. Les entreprises de l’ESS créent leur propre richesse en trouvant des solutions à nos problèmes contemporains. Ce n’est donc pas antinomique, au contraire, ça devrait être une norme aujourd’hui !

Interview réalisée le 16 Nov. 2017. Le Noisyblog remercie l’équipe de Too Good to Go d’avoir accepté de répondre à nos questions. Les propos rapportés n’ont pas été édités par le Noisyblog.

Lucie Nzonza NOISE Sciences Po

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