L’Entreprenariat social à la portée de chacun

Ticket for change

Le 1er Septembre 2017 avait lieu à la Maison de la Radio la soirée de clôture du Ticket Tour, édition 2017, une initiative pour l’entreprenariat social et solidaire organisée depuis 2013 par Ticket for Change (http://www.ticketforchange.org/). Je m’y suis rendue afin d’en apprendre plus sur l’entreprenariat social et le type de projets que l’on pouvait rencontrer dans ce champ de l’économie sociale et solidaire.

Retour sur le déroulement de la soirée où entrepreneurs en puissance et confirmés, sont revenus sur leurs rêves, leurs galères et leurs accomplissements. Tout en donnant des clés pour décoder ce qu’est aujourd’hui l’entreprenariat social, Ticket for Change n’a pas cessé d’élargir le public visé par leur offre : où que vous en soyez dans votre parcours, il y a moyen de faire quelque chose !

Une soirée haute en couleurs

Accueillie à la Maison de La Radio, l’équipe Ticket for Change n’avait pas négligé le visuel pour porter leur message. Dans le hall, les coordinateurs Ticket for Change, des bénévoles, s’affairent en t-shirt jaune vif. Les entrepreneurs du Ticket Tour eux portent haut leurs t-shirts rouges, qui tranchent sur le bleu ciel du logo Ticket For Change. Le public, environ 800 personnes, se presse à l’intérieur pour échapper à la pluie qui a de nouveau repris. L’ambiance est tout de suite très chaleureuse et cinq membres de l’équipe Ticket for Change reviennent sur la création de cet « activateur de talents ». Madeleine Ceyrac, soutien des premières heures de Ticket for Change et dernière personne à rejoindre l’équipe, appuie leur projet « pro et fun, engagé mais pas militant ». Le ton est donné, et si Ticket for Change se pense comme un soutien aux aspirants entrepreneurs voulant changer la société, ce ne sera pas qu’avec des mots mais avec une approche bel et bien business.

 

On ne naît pas entrepreneur on le devient

Avant de laisser la parole aux plus jeunes entrepreneurs, ceux qui ont pu bénéficier de l’incubateur Ticket for Change, la scène est ouverte à une table ronde avec trois entrepreneurs sociaux « pionniers ». Il s’agit de Marie Trellu-Kane, la fondatrice d’Unis-Cité (http://www.uniscite.fr/), Saïd Hammouche, le fondateur de Mozaïc RH (http://mozaikrh.com/), et Frédéric Bardeau, qui a fondé Simplon.Co (https://simplon.co/). Tous les trois reviennent sur leur inspiration de départ, les obstacles qu’ils ont eu à franchir et nous permettent d’envisager les multiples facettes de l’entreprenariat social.

Ces trois entreprises, bien que très différentes, agissent pour l’éducation et la formation des personnes qui, pour des raisons variées, n’ont a priori pas un parcours tout tracé vers la réussite professionnelle et l’insertion sociale. Alors, de cette problématique, repérée par l’entrepreneur social, sert de point de départ à la mise en place d’un projet, le recrutement d’une équipe et la recherche de financement. Pour entreprendre, il faut partager, discuter, poser et se poser de questions. Tous le disent, rien ne remplace le soutien d’un partenaire fiable, et le partage d’expériences avec d’autres entrepreneurs. Murmure d’approbation dans le parterre, où sont assis les 58 entrepreneurs rookies du Ticket Tour 2017.

Quand on leur demande de chiffrer leurs résultats, il est bien fait mention de levées de fonds et de rentabilité, mais les gros chiffres qui sont surtout mentionnés par les intervenants, c’est ceux en rapport avec leur impact social. Marie Trellu-Kane se réjouit des 200,000 jeunes effectuant un service civique chaque année en France, une possibilité qu’ils ont depuis qu’elle a porté ce projet de loi quelques années après la création d’Unis Cité. Elle renchérit « mon objectif, c’est 800,000 par an ! » ; Il faut viser haut. Saïd Hammouche lui illustre son impact en termes d’économie réalisée par les entreprises auxquelles il a présenté des personnes compétentes au cours des 10 années d’existence de Mozaïc RH. Les erreurs de recrutement coûtent cher aux entreprises, mais en s’ouvrant à la diversité des parcours sélectionnés par Mozaïc RH, certaines ont évité ces écueils. Cela se chiffre à plusieurs millions d’euros et surtout du lien social est créé, car c’est de l’emploi dont il est question.

 

Agir oui, mais pas sans réfléchir

On aurait tort de prendre l’équipe de Ticket for Change et les entrepreneurs sociaux pour des doux rêveurs courant après un idéal d’entreprise qui sauverait le monde. J’ai trouvé qu’au cours de la soirée, c’était le professionnalisme et l’ancrage dans la réalité qui furent encouragés au fil des prises de parole. Dans la forme par exemple, lorsque 10 entrepreneurs du Ticket Tour 2017 eurent 1 minute chacun pour « pitcher » leur projet à la salle, sans note, alors que certains n’avaient appris à le faire que la veille. Dans le fond surtout, car tous ont souligné, à leur manière, que certaines compétences ne pouvaient faire défaut afin de convaincre les investisseurs et mener une entreprise de manière durable.

C’est à ceci que le Ticket Tour forme les aspirants entrepreneurs. Ils arrivent déjà avec des idées, des plans, une envie, une motivation. Mais il faut y mettre de l’ordre, saisir ce qui pourrait vraiment intéresser un public ciblé, mettre en place un plan de financement etc. Le pionnier Frédéric Bardeau le reconnaît, ses plus grosses galères il les a eues par manque de méthodologie. Alors des erreurs et des soucis, il y en aura forcément, mais pour limiter les dégâts, il faut admettre de ne pas tout assumer tout seul. François Martin, co-fondateur de Yuka (https://yuka.io/equipe/) (une application qui informe sur la composition des produits alimentaires par scan de code-barre), reconnaît qu’une équipe c’est un moyen de mettre en commun des compétences variées : on excelle rarement seul dans tous les domaines !

 

Toutes les voies mènent à l’entreprenariat social

L’événement n’était tout de même pas un masterclass sur les compétences techniques de l’aspirant entrepreneur. Plutôt, elle a donné un élan, je pense, pour repenser la manière dont on se voit évoluer dans l’économie sociale et solidaire (ESS). Youssef Oudahman, le co-fondateur de Meet My Mama (http://meetmymama.com/) le dit en racontant les débuts rocambolesques de son entreprise « une idée exécutée même mal est mieux qu’une idée qui reste au placard ». Ticket for Change propose maintenant des services directement aux entreprises, pour motiver de l’intérieur les « intrapreneurs » qui aimeraient faire évoluer les pratiques sur leur lieu de travail, sans pourtant se lancer dans une aventure indépendante. N’importe qui peut s’inscrire à leur MOOC en ligne, réalisé en partenariat avec HEC. Chacun à son échelle, peut commencer quelque chose. « L’homme a un impérieux besoin de croire », nous a assuré Jean-Paul Delevoye, ancien ministre, Médiateur de la République et Président du Conseil Economique Social et Environnemental, dans son discours d’ouverture de l’événement. Croire oui, en soi autant qu’en les autres. Je pense que nous en étions tous un peu plus convaincus lorsque nous sortions du studio 104 le sourire aux lèvres.

 

Lucie Nzonza

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