Obligations vertes, en route vers la transition environnementale !

Ce 3 janvier le gouvernement Français a confirmé son intention d’émettre des obligations vertes pour un montant de 10 milliards d’euros. Petit tour d’horizon…

Le marché obligataire est un moyen de financement utilisé par les états et les entreprises pour lever des fonds auprès d’un large panel d’investisseurs. Le fonctionnement d’une obligation est à mi-chemin entre celui d’une action et celui d’un prêt classique : une entité émet sur le marché public des obligations qui seront achetées par des investisseurs ce qui lui permet de lever rapidement une grande quantité de fonds. En échange, l’entité s’engage à rembourser graduellement (intérêts inclus) les acheteurs d’obligations. À la différence d’une action, lorsqu’une obligation est totalement remboursée cette dernière est détruite et l’acheteur ne reçoit plus aucun versement.

Dans ce schéma de financement les projets portés par l’entité émettrice peuvent être de toute nature, éco responsable ou non. La seule exigence étant qu’ils soient suffisamment profitables pour rétribuer les acheteurs d’obligations. Les obligations vertes (green bonds en anglais) se distinguent des obligations classiques par la nature des projets financés : production d’énergie renouvelable, amélioration de l’efficacité énergétique, gestion durable des déchets et de l’eau, etc. Dans ce nouveau schéma, l’entité émettrice s’engage à n’utiliser les fonds que pour financer des projets environnementaux.

Cette innovation financière permet de satisfaire à plusieurs objectifs :

  • Elle met à disposition des investisseurs ayant des exigences environnementales un produit financier spécifiquement conçu pour répondre à leurs attentes.
  • Il permet aux émetteurs d’obligations de mettre en avant leur démarche en faveur de l’environnement tout en élargissant leur base d’investisseurs.

C’est donc un formidable levier d’action pour favoriser la transition environnementale : en encourageant les industries à considérer les aspects environnementaux dans leurs financement, on les invite à se tourner vers des solutions plus durables. On peut y voir une manière d’inciter les entreprises à considérer les externalités environnementales dans leur processus de création de valeur ajoutée.

Afin de contrôler que l’émetteur d’obligation respecte bien son engagement d’investir dans un projet à finalité environnementale, ce dernier doit rendre compte auprès du public de ses dépenses d’investissements. Il doit également prouver que le projet a un impact environnemental positif et significatif, il peut pour cela faire appel à un cabinet d’audit indépendant. Néanmoins à l’heure actuelle les méthodes d’évaluation ne sont pas encore assez développées et le marché manque d’une normalisation qui permettrait aux acteurs de comparer les différentes obligations vertes.

Même si les processus ne sont pas encore complètement maîtrisés, les obligations vertes vont de l’avant. La première émission a été réalisée en 2007 par la banque Européenne d’investissement et la banque mondiale pour un montant de 600 millions d’euros. Il aura fallu attendre jusqu’en 2012 pour que les obligations vertes connaissent une vraie croissance, passant d’un marché de 4,6 milliards de dollars à 42,6 milliards en 2015 (source). Notons que la tendance se confirme, pendant les neuf premiers mois de 2016 c’est plus de 63 milliards qui ont été émis, soit déjà plus que tout 2015.

Auteur de l’article : Benjamin Delmée

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