Enercoop — le pari de l’énergie 100% renouvable pour particuliers et collectivités

Retour sur le 08 août 2016 : pour les puristes, célébration du 58ème anniversaire de Francis Lalanne ; pour d’autres, jour où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources écologiques annuelles de la Terre. D’un côté, un drame musical, de l’autre un drame écologique. Et depuis que notre chanteur bâillonné bayonnais a vingt ans — “J’ai vingt ans”, huitième piste de son deuxième album Rentre Chez Toi, disponible en 45 tours depuis 1979 —, le monde a changé : si trois décennies auparavant le jour du dépassement était le 31 décembre, il se produit aujourd’hui le 08 août. Les interrogations sur ce recul drastique se font nombreuses et légitimes, la principale étant : comment inverser la tendance ?

C’est alors qu’une entreprise française de renom attire l’attention, tant par son objet que par son organisation. Et cette entreprise se nomme Enercoop, société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) créée en 2005, fournisseuse d’énergie 100% renouvelable.

Le constat : un bilan énergétique mondial déplorable

La cause du recul du jour du dépassement se résume à une empreinte écologique grandissante, c’est-à-dire une pression croissante, exercée par l’humanité, sur les ressources naturelles. Sans surprise, elle se mesure au vu de la production de déchets, de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre2. Or, avec une énergie mondiale produite à environ 40% par l’exploitation du charbon, et une consommation mondiale d’énergie multipliée par huit en un siècle, nul doute sur le pernicieux de l’influence de l’Homme sur la nature. Si le scepticisme perdure, sachez que l’exploitation du gaz naturel, du pétrole et du charbon — les trois principales énergies fossiles — comptent pour plus de 80% de la production d’énergie mondiale.

Quant à la production d’électricité, le paysage français témoigne d’un certain intérêt. En 2015, la production d’électricité y repose en effet à 75% sur le nucléaire et, même si la production d’énergie nucléaire ne pollue pas, restent à prendre en compte le traitement des déchets, l’exploitation des mines d’uranium et le risque impliqué par la présence d’usines sur le territoire. Quant aux énergies renouvelables, elles permettent de répondre à environ 18% des besoins d’électricité français, la première énergie renouvelable étant l’hydraulique.

Ce constat, obscurcissant les perspectives environnementales de la Terre, s’avère sévère, mais juste. De saveur amère, les chiffres rendent la chimère éphémère : si rien n’est fait, la pression exercée sur la nature par l’humanité ne sera que trop grande pour pouvoir la supporter.

L’alternative existe 

Dans un tableau si sombre, seul un Georges de la Tour saurait nous faire voir la lumière. Mais, ce dernier ayant déjà succombé, peut-être qu’Enercoop déTournera la technique du peintre pour nous faire voir le jour.

Sa naissance à elle, comme dit plus haut, était en 2005. De parents connus — Greenpeace ; Biocoop ; les Amis de la Terre ; la Nef ; … —, Enercoop grandit assez vite. Dès 2006, elle prend contact avec des producteurs d’énergie hydraulique, et signe ses premiers contrats avec eux. Un an plus tard, le marché s’ouvre également aux particuliers, et elle reçoit 433 contrats en un mois. Plus tard, en 2009, le projet de décentralisation mené par Enercoop débute concrètement avec la création de sa première coopérative dans les Ardennes. Depuis, l’importance d’Enercoop dans le paysage énergétique français a grandement augmenté : 10 coopératives ; 100 producteurs et plus de 30.000 clients — dont plusieurs collectivités — qui ont tous fait le choix du 100% renouvelable.

Mettre “l’homme, et non le capital, au coeur du projet”

Et à ce résultat encourageant se joint un fonctionnement atypique : la SCIC — pour rappel : Société Coopérative d’Intérêt Collectif. En fait, cette forme d’entreprise s’articule autour d’une volonté de circuit court entre agents de la coopérative . Et cette proximité passe par un mode de gouvernance transparent et démocratique, où chaque sociétaire peut participer à la prise de décision, et cela à voix égale. Pour devenir sociétaire, il suffit de détenir au minimum une seule part de capital de la société, pouvant s’acquérir simplement sur le site internet. Ce mode de gouvernance, choisi en accord avec les valeurs d’Enercoop, se veut également décentralisé, dans l’optique de favoriser un développement tant local que durable.

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Pourquoi Enercoop ?

Malgré tout, les tarifs proposés par Enercoop se trouvent plus élevés que celui d’autres fournisseurs d’énergie, qu’elle soit verte ou non. Là encore, la place qu’Enercoop accorde à l’humain dans son fonctionnement joue : pour assurer à ses clients que l’énergie qu’ils consomment est effectivement renouvelable, Enercoop se fournit en électricité directement chez les producteurs, et achète les garanties d’origine qui vont avec. Ces dernières, compte tenu de l’impossibilité de déterminer l’origine de l’énergie consommée par les foyers, furent mises en place en 2005 en France pour pouvoir justement prouver que l’électricité utilisée provient de sources d’énergie vertes — énergies hydraulique, éolienne, photovoltaïque ainsi que la biomasse. En somme, la différence entre Enercoop et ses concurrents se voit par cette certification de consommer de l’énergie renouvelable. Sachant qu’Enercooop réinvestit au moins la moitié de ses bénéfices dans la défense de l’environnement, le prix plus élevé d’Enercoop se justifie par la cause défendue et la façon dont elle le fait, faisant du choix d’Enercoop un choix militant.

Inverser la tendance

Le développement d’Enercoop au fil des ans montre qu’il est possible de changer sa consommation énergétique. Choisir le 100% renouvelable limite les émissions de gaz à effet de serre, et une généralisation de cette décision signifie inverser la tendance. Du côté Enercoop, l’ambition ne fait pas défaut, d’ici 2020, cette société souhaite atteindre les 150.000 clients. Combiner un mode de gouvernance transparent et un respect total de l’environnement semble porter ses fruits, arborant une idée forte, celle d’une transition énergétique citoyenne. A nous de les suivre, tant Enercoop que les conseils de Francis Lalanne en “dépolluant le monde”.

Sources et précisions

Calculer son empreinte écologique : www.e-graine.org/calculer_son_empreinte.html

Définition d’une coopérative : « Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement. » — Alliance coopérative internationale

Devenir sociétaire d’Enercoop : http://www.enercoop.fr/decouvrir-enercoop/les-societaires

Georges de La Tour :
– http://www.georges-de-la-tour.com/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_de_La_Tour

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