8 000 tambours et premiers peuples de la Terre à Paris pour la COP21

Le NOISE a rencontré il y a quelques jours le chef spirituel du peuple Otomi, Gardiens de la Terre, peuple premier du Mexique, fraichement débarqué à Paris pour préparer la rencontre des peuples autochtones du monde et de la COP21 autour de la cérémonie des 8 000 tambours. Récit d’un échange singulier, un sacré élan de confiance pour penser les problèmes climatiques autrement.

Un chef poète, musicien, thérapeute & diplomate

En langue Otomi, Thaayrohyadi signifie rayon de soleil. C’est le chef du Conseil de la Nation Otomi qui s’est présenté aux portes de l’ESCP pour rencontrer les étudiants noisers. Initiateur de la réunion des 8 000 tambours, Thaayrohyadi est un chef voyageur et engagé. Gardien de la tradition ancestrale de la lignée Otomi Olmèque Toltèque Teotihuacan du Mexique, peuple installé dans les montagnes, les plaines et sur les côtes du Mexique depuis 30 000 ans, le chef soigne, chante et écrit. Il consacre sa vie à la transmission des traditions ancestrales de son peuple et au rayonnement de la culture indigène. Il intervient auprès de diverses institutions internationales (parmi lesquelles l’ONU), a créé entre autre l’Université Indigène Internationale et l’Assemblée Nationale Indigène et réfléchit aujourd’hui à la création d’une entreprise pour promouvoir les productions de son peuple.

Un message de confiance face aux discours catastrophistes

« Malgré une histoire de souffrance de mon peuple, nous avons des rêves, des projets, une vision de la terre et de la paix que nous voulons partager. » Le peuple Otomi est le gardien d’une philosophie singulière, popularisée par un succès en librairie que l’on vous conseille chaudement, Les quatre accords toltèques.

Bien loin des élans conquérants des Aztèques, le peuple Otomi Toltèque est le gardien d’une tradition de paix, de joie de vivre, une spiritualité tournée vers la terre et l’ouverture au monde. Lorsqu’on lui demande comment nous occidentaux pouvons être touchés par cette spiritualité, Thaayrohyadi nous répond simplement. « Je ne sais pas si on

doit parler de spiritualité. La spiritualité pour nous, c’est être en contact avec la nature ». Un message universel en somme, qui révèle le lien d’unité entre l’être humain et la Terre.

Cette vision du monde nous interpelle dans nos modes de vie citadins au rythme effréné. Elle constitue un appel à retrouver un équilibre, dans le rapport à soi et la capacité à faire des choses ensembles. Elle est aussi une invitation à reconsidérer la nature comme être vivant et non comme objet. Les Toltèques travaillent notamment avec l’ONU pour faire reconnaître des droits à la Terre. Lorsqu’on l’interroge sur les négociations climatiques, Thaayrohyadi nous dit tout son optimisme. La transformation de la politique, la coopération entre les peuples sont les marqueurs d’une transition positive, surtout s’ils révèlent des désaccords. « Même si nous ne sommes pas toujours d’accord, nous partageons la même Terre. Ce qui se passe ici est semblable à ce qui se passe sur un autre continent. Nous devons travailler avec l’ensemble de l’humanité. »

8 000 tambours pour le climat

« On a passé beaucoup d’années à rêver, maintenant, il est temps de rentrer dans l’action » Parmi toutes ses activités, Thaayrohyadi a voulu créer un événement particulier autour de la COP21. La réunion des 8 000 tambours est liée à une prophétie. Créée il y a 4 000 ans le rassemblement s’est pas produit depuis 1521.

«Le jour où se réuniront les sons des huit mille tambours sacrés sera le début de la véritable guérison de la Terre Mère, de toutes les espèces et de la famille humaine si déséquilibrée actuellement. Ce chemin nous mènera vers la paix sacrée et la connexion harmonieuse avec l’univers, la mère nature, la communauté, la famille et avec notre propre cœur. Le temps est venu de nous réunifier, de rencontrer à nouveau les traditions des 4 directions pour réactiver l’énergie cosmique, guérir nos blessures du passé, soigner notre Terre Mère, en respectant la vie, la liberté et la dignité de nos peuples”.

Thaayrohyadi nous explique l’événement, une incantation, mais surtout un moment de rencontre autour de la musique, de la méditation et des différents représentants des peuples autochtones rassemblés pour soutenir la COP21. Notre entretien arrive à sa fin, Thaayrohyadi sort deux tambour de son sac à dos, il en confie un à sa fille. Ils se mettent à jouer, doucement. Nous sommes installés dans un café, la télévision qui résonnait au dessus de nous est couverte par son chant, indescriptible. Et puis, la parenthèse hors du temps s’arrête nous laissant quelques frissons, le brouhaha indistinct reprend ses droits au café. Thaayrohyadi nous dit « Au fond, le Noise, c’est un peu comme les tambours, on cherche à changer les choses en faisant du bruit ». Touchés au cœur.

Suite aux évènements parisiens, nous avons du renoncer à organiser une soirée autour de Thaayrohyadi à l’Escp. On vous laisse ici quelques liens pour assouvir votre curiosité :

http://www.motherearthpeace.org/

http://www.indigenousnations.org/

écrit par Adèle Stéphan, NOISE ESCP Europe

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